Vivons Heureux Numéro 1, — Clip 014
On peut pas continuer à accroître la production de tout en l’occurrence à des produits de mode et d’habillement dans un monde où les ressources sont finies.
On peut pas continuer à accroître la production de tout en l’occurrence à des produits de mode et d’habillement dans un monde où les ressources sont finies.
Alors ce coup-ci, on repart sans rien acheter. J’ai résisté, les filles sont frustrées, mais on rentre à la maison les mains vides. En arrivant je décide de regarder les choses en face.
J’ouvre mon placard et je compte. Neuf jeans, douze pulls, quatre jupes, onze chemises, et je parle même pas des robes et des petits hauts. Ça dégueule de partout.
Pour une fois je m’oblige à lire ce qui est marqué sur les étiquettes. [ Alors ça, c’est cent pour cent coton. Ensuite, j’ai un jean lit, 85,5% de coton, 13% de polyester, 1,5% d’élastane. ] Vient de là mon malaise. [ Alors là, c’est fait au Bangladesh. ]
De toutes ces choses que je sais plus ou moins sur l’industrie textile, que j’ai déjà lues ou vues passer dans des reportages. Mais que je passe mon temps à essayer d’oublier. Parce qu’elles me dérangent. Et ça fait des années que ça dure, que je me raconte des trucs.
Alors oui, ça fait petit scrupule de bourgeoise, mais au fond de ma penderie, il y a peut-être plus à découvrir que juste mes angoisses de privilégiée en quête de sens : des choses qui concernent tout le monde, par exemple le coton. Moi, ça m’a toujours arrangé de penser que c’était une fibre naturelle,…
C’est pas c’est pas anodin si vous pensez ça. Qui a essayé de vous faire croire que le coton c’est pire que le polyester ?
Vivons heureux avant la fin du monde. Un podcast de Delphine Saltel. Chaque mois des pistes et des idées pour surnager dans la catastrophe écologique, la crise économique, « la crise climatique », « la crise sociale », et tout ce qui remet en cause nos modèles de société.
Point de départ : la vie de tous les jours, et les paroles savantes, des histoires individuelles, des expériences collectives, pour nous aider à imaginer des solutions. Premier épisode : fast-fashion ou coton bio, peut-on s’habiller sans polluer ?
Aujourd’hui, c’est l’ouverture des soldes et j’ai bloqué mon mercredi après-midi pour la première démarque. Je sais, c’est pas bien glorieux, mais la mode, les tendances, le look : ça me préoccupe beaucoup, depuis toujours. Trop, en fait.